4.1.1. La destruction des habitats naturels
Elle est la conséquence de l’extension des activités humaines, en particulier de l’urbanisation à outrance. Prenons l'exemple des forêts européennes, dont la régression commença dès l'Antiquité.
Ce fut au départ, l'introduction de l'agriculture en Grèce, aux environs de 6000 ans avant JC, qui sonna le déclin des forêts d'Europe. L'agriculteur commença de façon croissante à défricher la foret avec l'aide du feu et des animaux. La croissance des villages entraîna une consommation de plus de bois comme combustible ou matériaux de construction. De la Grèce, l'agriculture s'est étendue lentement mais sans cesse vers le nord, 1 Km/an selon l'une des théories. Très tôt, vers 5000-5500 avant JC, les cultures et l'élevage occupèrent une zone de plusieurs milliers de kilomètre de large de l'Ukraine à la France. Vers 4000 ans avant JC, l'agriculture a rejoint la scandinavie. Les textes anciens rapportent la perte de forêts : Aristote, Platon et Pline soulignent l'importance des forêts pour l'amélioration du climat. En dépit ce ces changements, la couverture forestière originale demeure très bien répartie dans les régions du sud de l'Europe, ce qui prouve les difficultés de leur exploitation jusqu'au Moyen-âge et même plus tard pour l'Europe du Nord. Pour l'essentiel des forêts restantes, le 19è siècle fut le temps des changements. L'âge du chemin de fer ouvris beaucoup de zones qui restaient éloignées de l'exploitation.
A partir d'étude des sols et des climats, il a été estimé que la forêt couvrait 80 à 90% de la surface des terres de l'Europe. Au total, on pense que ces forêts couvraient 7 millions de km2. La diversité des habitats dans la grande forêt européenne était saisissante, notamment avec la présence de l'aurochs aujourd'hui disparu avec cette même forêt.
Conscient des rudes destruction opérées jadis, l'homme continue de détruire des espaces sauvages tout en songeant prématurément à la recréation d'espèces. Il y a donc là une formidable contradiction. Ainsi, au cours des 20 dernières années, environ 300 millions d'hectares (six fois la surface de la France), principalement de forêt tropicale, ont été convertis en d'autres utilisations de la terre, telles que des domaines fermiers et pâturages ou plantations à grande échelle d'huile de palme, de caoutchouc et autres récoltes. Les forêts fragmentées sont devenues de plus en plus sujettes aux incendies : des dizaines de millions d'hectares de forêts, normalement résistantes aux incendies ont été détruits par des brasiers catastrophiques en Amazonie, Amérique centrale, Indonésie, Afrique de l'Ouest et Madagascar. Voici des exemples d'espaces en cours d'anéantissement et abritant des espèces qui complèteront bientôt la liste des espèces éteintes.
La déforestation de la forêt tropicale est un problème majeur et sont considérées comme en sursis. On estime qu’elle était de 16 millions de km2 avant l’apparition de l’homme, la moitié aujourd’hui avec une baisse annuelle de 1,8%. À Madagascar ou aux Philippines, la forêt primaire ne représenterait plus que 8 à 10% de la surface initiale.
La forêt atlantique du Brésil est l’une des plus menacées. On l’appelle atlantique simplement parce qu’elle borde l’océan Atlantique, mais c’est bien une forêt tropicale. On estime qu ‘elle couvrait une surface de 1 million de km2 en 1832 quand Darwin l’a décrite, c’est-à-dire une bande continue sur 2 000 Km depuis Bahia jusqu’à Rio Grande de Sul au sud. Elle ne représente plus que 50 000 km2 actuellement, avec des îlots le plus souvent de taille inférieure à 10 km2. Trois espèces y font l’objet de programmes spéciaux de préservation : le tamarin lion, le singe-araignée et le porc-épic à épines molles.